Processus de création

Il y a un mot qui revient souvent dans notre processus de création, c’est «quitter» : que provoque en nous le sentiment de la séparation, d’avec un être cher, mais aussi d’avec sa culture, ses coutumes ? Quelle part de soi-même se fait manquante ?… Et puis il y a, racontée un peu différemment selon les contextes, l’histoire de l’âme qui voyagerait plus lentement que le corps, et qui ne le rattraperait que bien plus tard. On perdrait son âme quand on voyage en avion : nous connaissons tous cette sensation d’arriver mentalement absent à destination. Curieux parallèle avec les voyages des Aborigènes : ils leur arrive de s’arrêter en chemin sans manger, ni boire, ni se reposer, juste pour attendre que leur âme les rejoigne.

Le spectacle fait appel aux techniques du patinage, pour créer un langage qui reste suggestif, une évocation poétique où l’imaginaire l’emporte sur la performance physique, sans pour autant que l’on se prive de la fulgurance de la glisse.

Les interprètes ont tous été un jour des patineurs professionnels, que ce soit dans le domaine du patinage artistique, du roller skating ou du hockey sur glace. Ils sont dirigés par Pierre Trente qui met ses qualités d’entraîneur de l’équipe de France au service d’un projet où le frottement avec le quotidien, ses failles et ses dérapages contrôlés, est permanent.

Thomas Turine, dont c'est la quatrième composition musicale pour la Compagnie, crée ici un environnement sonore fait d’aspérités et d’emportements, de nappes menaçantes ou plus insouciantes, dans lesquelles se glissent les mouvements des patineurs.
Les costumes, qui vont de l’unité sombre des manteaux de voyage à une diversité de couleurs et de matières pour les vêtements de dessous, ont été conçus par Colette Huchard, avec qui nous travaillons depuis les débuts de la Compagnie.
Koert Vermeulen, concepteur de lumières/multimedia a recréé dans la patinoire les atmosphères d’un lac glacé.