Extrait d'un entretien avec Pol Arias

Nous travaillons sur une complexité et sur une complémentarité. Ce qu’on crée, c’est en effet un langage qui se cherche entre les disciplines. Le plus exact serait de parler de théâtre-danse. Nous travaillons à deux : en alternance, l’un des deux est responsable de la conception du projet et l’autre se glisse dans le processus, et vice-versa. Avec le temps, les champs d’intervention respectifs se sont fort mêlés. L’enjeu, de toute façon, est de trouver pour chaque projet une forme qui corresponde exactement à son propos. Les spectacles sont très différents les uns des autres ; ce qui demeure c’est une façon de travailler l’étrangeté en scène, un type de présence.

Nous avons joué dans plus de 30 pays. Cela a démarré dès le début, en 1985 avec Juste Ciel. Comme nous ne sommes pas engagés dans un courant précis ni dans une mode, certains spectacles restent parfois longtemps au répertoire. Cela fait vingt-deux ans qu’on joue Cranach, et dix-huit ans Twin Houses. Nous travaillons sur la suggestion et certaines thématiques ont un écho différent et particulier selon les pays : le rapport avec la mort au Mexique, la mélancolie en Allemagne, l’humour en Belgique et en Angleterre…