London International Mime festival : 40 ans et toujours en mouvement

(…) Le programme du LIMF nous pousse à quitter nos zones de confort. Whispers - présenté par Mossoux-Bonté, des chouchous du festival- et que j'ai vu hier soir (à voir jusqu'au 14 janvier) est joué au Lilian Baylis. Si le lieu se veut un espace de danse, ce spectacle transcende le genre pour approcher aussi celui du théâtre d'objet et de la performance, en s'appuyant sur une imagerie visuelle et sonore complexe.

Dans Whispers, un personnage émerge soudain de l'obscurité, coincé dans un faisceau de lumière comme une dans une peinture de Vermeer. Quand le personnage se gratte l'épaule, il produit un son de râpe, et quand il se frotte les yeux, c’est un grincement que l’on entend. Il lève la jambe en produisant un son de cailloux que l'on mélange. Soudain un son grondant. Est-ce l'estomac de la femme qui gargouille ou y a-t-il un animal tapi dans la salle ?

Seule en scène et pourtant apparemment hantée par plusieurs versions d'elle-même, Nicole Mossoux éveille un profond sentiment d'étrangeté, même lorsqu'elle laisse entrevoir les astuces de manipulation de ses objets. Elle ne cesse de susciter des questions. Qui contrôle quoi ? Qui hante qui ? Observe-t-on une femme à travers les siècles ou plusieurs femmes dans le même espace étriqué ? Assiste-t-on à l’apparition d’un spectre ?


https://www.theguardian.com/stage/theatreblog/2017/jan/13/london-international-mime-festival-40-physical-theatre